Daniel Bernard, auteur
Révolutionnaire dans l'âme
A l'instar de Jean-Paul Marat, Daniel Bernard est un homme actif qui ne sait se contenter d'une seule activité dans sa vie. « Sinon, je m'ennuie et m'en vais » déclare-t-il. Il est également
rédacteur en chef de France Loisirs Suisse, journaliste audiovisuel, professeur et cinéaste de sa première passion et formation. « J'aime faire parler les gens, en vrai » s'enthousiasme-t-il.
L'ultime heure de Marat
Pour sa troisième pièce de théâtre, l'écrivain Daniel Bernard offre un Marat mis à nu.
« Je n'allais pas assassiner Marat, c'était déjà fait », explique Daniel Bernard, écrivain français, à propos de son dernier ouvrage : La dernière conversation. « C'était quelqu'un
d'enflammé, je ne voulais pas le dépeindre comme un monstre sanguinaire, ni comme un homme trop gentil. » Cette pièce de théâtre nous plonge dans l'intimité de la dernière heure de Jean-Paul
Marat, avant qu'il ne se fasse assassiner dans sa baignoire. Ce petit opus offre un “ami du peuple“ engagé et aimant. Entouré de sa soeur Albertine, de sa femme Simone et de la concierge Mme
Aubin, cet amoureux de la révolution évolue jusqu'à son dernier souffle dans un univers intimiste. Le pièce se termine sur Marat assassiné, d'après la toile de David. « Jean-Paul Marat a été
loyal envers le peuple jusqu'au bout! » délivre l'auteur, admiratif.
D'autres rencontres
L'écrivain n'en est pas à son premier livre. Une autre pièce de théâtre, L'armée des papillons, est aussi parue dernièrement. Il y élabore la rencontre entre Jean Mermoz et Italo Balbo,
respectivement aviateurs français et italien, lors du règne de Mussolini. Auparavant, il a publié Oui, tout ce bruit qui propose une rencontre entre la genevoise Isabelle Eberhardt et Albert
Camus. « J'aime faire revivre ces gens, parce que sans eux rien n'aurait changé, explique Daniel Bernard. Ces gens m'ont changé. »
Prochains opus
Daniel Bernard à déjà trois nouveaux projets en cours. Le premier, une pièce de théâtre qui mettrait en scène un bon nombre de comédiens pendant un procès. Ensuite, il souhaite rédiger les
mémoires d'Alexandre Yersin, découvreur de la peste, né à Morges. Et le troisième serait à propos de Robert Brasillach, auteur collaborationniste qui a été fusillé. « C'est un sujet brûlant mais
singulier. Je ne sais pas encore sous quelle forme cela va se faire. » s'interroge l'écrivain. Chacune de ses pièces met en avant un personnage historique. Quand compte-il inventer un personnage
bien à lui, qui lui appartiendrait ? « Lorsqu'on est n'importe qui, il est difficile de créer un personnage. Alors pour l'instant, je m'aide de ceux qui existent déjà. »
Oona Baumier